Le sommeil d’or – Davy Chou

Faire un documentaire sur le cinéma cambodgien des années 60 à 75 paraît bien difficile: l’âge d’or de ce cinéma populaire florissant est brusquement interrompu par le régime Khmer rouge, qui détruit l’immense majorité des films et élimine les professionnels du cinéma de l’époque. Les salles et les studios sont fermés, désaffectés, reconvertis. Il ne reste à Davy Chou qu’une poignée d’annonces radio, de bande-sons endommagées, de photogrammes, et quelques rares mais précieux témoignages de célébrités d’alors.
Comment documenter sans documents? Comment satisfaire le désir de voir qu’a le spectateur avide d’images de ces films disparus? Il semble que cette équation impossible nous ramène, par l’intelligence de la mise en scène à une essence primaire du cinéma: ce sont des images toutes mentales qui se créent, un imaginaire qui est activé grâce à la parole des témoins, aux quelques bribes en mauvais état du dialogue d’un film, ou au récit ému et émouvant, passionné et passionnant, que fait un cinéaste de son dernier film qui n’a pas eu le temps de voir le jour.
De la pellicule à la mémoire en 1975, puis à nouveau de la mémoire de l’écran avec ce film, ce cinéma disparu retrouve, comme un juste retour des choses, une forme d’existence.

Anna Etienne

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