Le C.O.D. et le coquelicot

Le C.O.D. et le coquelicot, de Jeanne Paturle et Cécile Rousset

Ce court métrage d’animation nous propose, à travers un travail inventif et créatif, le point de vue de cinq instituteurs d’une école primaire de banlieue parisienne. C’est dans un quartier de la périphérie que se situe l’école, un endroit que les professeurs considèrent comme une unité dont il est difficile de s’extirper, ou du moins de s’émanciper. C’est dans un univers très coloré parsemé de collages qu’on découvre une nouvelle voix sur l’enseignement et ce qu’il implique. Ayant toutes deux suivi une formation dans le cinéma d’animation, les deux jeunes réalisatrices entremêlent intelligemment différents styles visuels. C’est notamment grâce aux voix off des professeurs enregistrées bien avant la réalisation picturale du film que les images se construisent et trouvent ainsi leur sens. L’origine des plans est multiple puisque les cinéastes ont puisé la matière de leur film dans de vieux manuels scolaires, dans leur savoir-faire artistique et dans des prises de vues réelles qu’elles ont intégrées à l’animation ou sur lesquelles elles ont peint pour les animer. A travers cette forme documentaire originale, ce film nous montre qu’il est possible de transformer le réel, le décomposer et le recomposer, pour le rendre d’autant plus signifiant.

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En abordant les difficultés que les professeurs peuvent avoir auprès d’élèves en difficultés, trop énergiques ou peu investis, Jeanne Paturle et Cécile Rousset nous proposent une nouvelle forme de pédagogie axée sur la métaphore et le mélange de différents procédés artistiques. Le film réinterroge les principes de bases de l’éducation française en s’intéressant aux ressentis des professeurs et à la façon dont ils envisagent leur métier. Leurs voix ont simplement été enregistrées, c’est pourquoi la parole semble plus sincère : elle est libérée du joug de la caméra qui influe bien souvent sur les propos des personnes qu’elle filme. Ce n’est pas un constat d’une éducation défaillante que le film expose, c’est davantage un message d’espoir, une volonté de rendre la réalité plus compréhensible pour pouvoir mieux l’appréhender.

 

Loreena Paulet

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Une réponse à “Le C.O.D. et le coquelicot

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