Les Escales Documentaires de La Rochelle, festival international du documentaire de création

Les Escales Documentaires de La Rochelle, festival international du documentaire de création

Retour sur mon immersion au cœur de la 14ème édition.

Présidé par Françoise Mamolar, ce festival s’est tenu du 4 au 9 novembre à La Rochelle (17). J’ai eu la chance de plonger dans les entrailles palpitantes de cet événement, lors d’un stage. Celui-ci proposait une rétrospective Nicolas Philibert, en présence de ce dernier, ainsi que plusieurs sélections : une compétition internationale regroupant 11 films, une compétition « jeunesse » entre 8 films, une thématique (Le langage), et une « vitrine locale ».

Une histoire de don

Ce festival est organisé pour la 14ème année par une association qui repose entièrement sur ses bénévoles. Presque 100 cette année, ils se sont partagés le visionnage de près de 800 films avant d’aboutir à une programmation définitive. Issus de milieux professionnels divers, d’âges variés, tous affinent leur regard et leur cinéphilie grâce à cette expérience. La logistique est entièrement orchestrée par ces mêmes bénévoles, qui accueillent les spectateurs et les réalisateurs, présentent les séances, animent les débats, vendent les catalogues… Ceci donne au festival sa couleur singulière, son côté homemade, et surtout, sa force collective, le goût du travail fait ensemble et pour la beauté du geste.

Depuis quelques années, les convictions de ces (allez, j’ose), gentils organisateurs, les ont conduit à l’adoption d’un système tarifaire à la fois ludique et militant. L’entrée des séances est « libre et participative », c’est-à-dire gratuite et ouverte à tous. A l’entrée de chaque salle, de charmantes urnes indiquent « séance gratuite – je participe – denier du doc – je crois au doc », laissant le spectateur la liberté de contribuer financièrement à la réussite du festival, à une hauteur qu’il juge honorable. Ainsi, le sentiment de faire un don sort le public de sa passivité et surtout, de sa position aujourd’hui prégnante de consommateur.

Un complément du nom qui en dit long

Les Escales insiste sur son sous-titre « festival international du documentaire de création ». Ceci n’est pas sans nous rappeler une certaine politique, menée dans les années 50 par une certaine revue… Un documentaire de création, c’est presque une autre manière de dire « un film d’auteur », c’est revendiquer, comme le fait la présidente du festival, l’héritage de Jean Vigo et son « point de vue documenté ». Aussi, les bénévoles-sélectionneurs ont pour consigne de ne choisir que des films ayant « un parti-pris esthétique », « un style », et surtout pas de « reportage». La consigne peut sembler abstraite voire intellectualo-centrée. Si certaines projections n’échappent pas à la logique « partenariat public-privé », avec des soirées sur invitation où l’on présente la nouvelle production régionale, déjà programmée sur France 3, si d’autres frôlent l’enquête journalistique (et si l’on considérait de temps en temps, que cela n’est pas incompatible avec la qualité ?), la majorité des films montrés font preuve d’un grand travail des formes. La variété des sujets et de leurs traitements permet à chacun de trouver le film qui fera écho à sa sensibilité, à l’image de la diversité des personnalités de ceux qui sont derrière la sélection.

Echanges documentaires

La présence de nombreux réalisateurs permet au public de sortir de la salle avec, pour une fois, des réponses à ses questions, qu’elles soient pratiques « comment avez-vous fait pour faire ce plan ? », « avez-vous eu des problèmes pour filmer ce lieu ? », ou plus ontologiques « n’aviez-vous pas peur que ceux que vous filmez ne soient pas naturels ? ». Même lorsque les réalisateurs sont absents, les échanges ne font pas défaut. Le public, entraîné, se laisse bercer par une sorte de rituel et peu de spectateurs quittent la salle dès le lancement du générique. Un bénévole se charge de faire le pont entre les individus réunis dans la salle, lançant des pistes de débat ou faisant circuler un micro.

J’ai eu la chance de voir de nombreux films, dont certains feront l’objet de petits textes que je publierai ici.

Longue vie à un festival aussi humain.

Ariane Papillon

Site : http://www.escalesdocumentaires.org/

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