TRAVELLING 3 – Notes sur Le voleur de Tanger et Paris Pieds nus

1. Le voleur de Tanger, Rudolph Maté, 1952

Au XIIIe, à Tanger, un voleur enlève le jeune prince de la ville, qu’il avait pour mission d’assassiner, et l’élève comme son propre fils. Le jeune homme devient bientôt le roi des voleurs et entreprend de voler le trésor du bey de la ville pour suivre les traces de son père adoptif. Ce film hollywoodien produit en 1952, s’inscrit dans la continuité des représentations orientalistes, restituant une vision idéalisée de l’Orient. Se construit alors un tableau exotique et grandiose de Tanger et de la vie à la marocaine, présentant nombre de paysages et décors typiques tels qu’un palais somptueux, des rues encombrées par la foule et des chameaux, le souk et ses marchands de tissus… Nombre d’idées reçues relatives à la conception commune de l’Orient sont déployées au fil de l’intrigue : le Maroc est ici présenté comme une terre de richesse et d’exotisme, d’abondance et d’érotisme. À ces idées se lient de constants rappels aux légendes des mille et une nuits qui ne manqueront pas de faire écho dans la mémoire : le jeune héros souhaite devenir le roi des voleurs à l’image d’Ali Baba, la princesse Yasmine rappelle inévitablement la belle Jasmine d’Aladdin, le personnage de la jeune fille devenant l’acolyte du personnage principal fait beaucoup penser au petit singe Abu par son agilité, sa simplicité et le bonnet dont elle est affublée, le roi aux mauvaises intentions rappelle aussi le méchant Jafar ; les rapprochements à faire, oui, sont nombreux. L’aspect du film rappelle celui d’un peplum, à la différence que le conte est préféré à la dimension historique, tant dans sa construction que dans son atmosphère épique, divertissante et pailletée. Un film à voir avec des yeux d’enfant.

 

Lucile Sarrot, Ambre Ménard, Ninn Calabre, Bleuenn Blotière

 

2.

Paris Pieds Nus de Abel & Gordon

Fiona (Fiona Gordon), bibliothécaire d’un village du canadien (anglophone) part à Paris pour rejoindre sa tante Martha, ancienne danseuse de 88 ans interprétée par la superbe Emmanuelle Riva qui nous a quittés il y a peu. Durant son voyage à la recherche de sa tante disparue elle rencontre Dom (Dominique Abel), un sans-abri débrouillard, libre et fier de sa situation. Le récit introduit une ribambelle de personnages décalés et attachants qui emmènent le spectateur dans des situations farfelues.  Un film burlesque qui mêle le rire aux situations tragiques dans lesquelles sont plongés les personnages.

Le comique de situation fait parfois écho au cinéma de Jacques Tati. L’agencement des couleurs vives du film qui est non sans rappeler Wes Anderson souligne le caractère jovial des personnages qui semblent tout droit sortis d’une bande-dessinée ayant pris vie. L’approche des problèmes du quotidien et la sincérité des personnages  peut être comparée à la version joyeuse des films de Roy Andersson. Quelques références filmiques encore peut-être à  de grands comiques tel que Charlie Chaplin. Des personnages décalés se retrouvant dans des situations presque tragiques. Avec la participation exceptionnelle de Pierre Richard dans un rôle amusant et tendre. Le cinéma devient un outil de mise en scène pour créer le rire chez le spectateur ; comme durant un dialogue filmé à travers un trou dans un journal.

Naomi Jourdan

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