Cinéma, corps et âme – Hommage à Jeanne Moreau

La mort de Jeanne Moreau nous conduit à interroger la place particulière que certaines comédiennes ou certains comédiens ont prise dans la conception et la réussite de certains films (pour elle, par exemple, « Le Journal d’une femme de chambre » de Luis Buñuel) où la frontière entre personnage et actrice ou acteur s’estompe et peut-être disparait, comme si c’était la personne (la personnalité même) de la comédienne ou du comédien qui « inspirait » la fiction développée par le film, et à la fois le travail du réalisateur. La substance visible et non visible du film est comme une émanation de la comédienne. Elle nourrit le film, le fait vivre, lui donne chair et pensée et dans un tel cas ne « joue » pas un rôle, mais prend le film entier en charge, et Buñuel ne s’y trompe pas en la laissant libre autant qu’on peut l’être quand on crée. Car l’impression de liberté produite par la présence cinématographique de Jeanne Moreau, ou celle de Michel Simon, ou celle de Bulle Ogier, pour prendre d’autres exemples, m’expose, spectateur, directement à une expérience de liberté partageable. Remettre le spectateur en liberté, c’est ce que le cinéma, parfois, réussissait. JLC

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