« A la passion des images, je préfère l’amour du cinéma. »

Aux cinéastes au présent!
Récemment, sur France Culture, dans l’émission de Sylvain Bourmeau, « La suite dans les idées », Dominique Cabrera citait un fragment de « Cinéma, numérique, survie ». C’était : « A la passion des images, je préfère l’amour du cinéma. » Mais comment peut se dire cet « amour du cinéma »? Très simplement, à mon sens. J’attends des nouveaux films, fictions ou documentaires, qu’ils interrogent ou mettent en question la forme même de leur médium. Le temps est venu d’attendre de tout film, d’une catégorie ou de l’autre, qu’il s’interroge plus ou moins obliquement sur sa propre possibilité, les circonstances de sa genèse, son mode d’emploi, qui est aussi le rapport qu’il institue avec ses spectateurs. C’est ce que j’appelle le « méta-cinéma ». Tout le savoir accumulé depuis plus d’un siècle quand aux mille expériences qui ont fait « le » cinéma, ne peut être totalement ignoré. Ce serait un déni d’histoire. Se demander : mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Quel piège suis-je en train de forger pour mes spectateurs ? De quels leurres vais-je les tromper? Ce sont les questions que se posaient par exemple Bunuel, et Godard, et avant eux, Eisenstein ou Vertov? Ce sont les questions mêmes des cinéastes d’aujourd’hui, de demain. Préférons toujours l’égarement des questionnements à la voie transparente des réponses toutes faites, car celles-ci mentent sur le mensonge qu’elles sont. — Jean-Louis Comolli.

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