0 – TRAVELLING À PRAGUE – L’étudiant de Prague

L’étudiant de Prague est un film allemand de Hanns Heinz Ewers, inspiré des nombreux contes traitant du sujet du double, tel que l’Ombre de Andersen.

C’est donc un film qui raconte ce que beaucoup ont déjà raconté, le thème du double et du marché avec le diable n’ont pas attendu le romantisme allemand pour être exploités, mais l’appréhension permise par le cinéma en révèle de nouvelles facettes. Sa fiction est donc frontalière entre un sujet favorisé par le romantisme allemand et dont l’expressionnisme se saisira ensuite.

0. Si L’étudiant de Prague est qualifié de film fantastique, et les effets spéciaux utilisés montrent assez bien la volonté de se saisir de ce nouveau médium pour explorer des thèmes déjà abordés, sa filiation avec le théâtre est également notable, Paul Wegener l’acteur principal était aussi un comédien de renom.

1.Le langage cinématographique permet une approche inédite du motif fantastique en 1913. Les moyens techniques de l’époque n’enlèvent rien à la puissance du film, dont chaque scène semble être construite autour d’un axe central séparant l’image en deux, à l’instar du personnage principal. Ce qui relève ou non du réel n’est plus clairement identifiable, rendant l’atmosphère plus inquiétante et intrigante. Le cinéma étant encore un art très jeune, les codes visuels ne sont pas fixés. Cela est visible dans le film notamment dans le choix de positionnement de caméra, ce qui amène parfois à des changements assez brusques d’échelles de plan.

2.La question du double résonne évidement avec celles de l’identité et de la psychanalyse naissante au début du XXème siècle. Souvent tourné en extérieur, les décors participent activement à entourer les personnages d’une aura qui leur paraît paradoxalement  propre et ne semble pourtant pas leur appartenir.

3.Le jeu des acteurs peut surprendre car en dépit de leurs antécédents de comédien.n.e.s, iels restent assez neutre face à ce qui présentera une caractéristique majeur de l’expressionnisme à venir. Cela rend l’ensemble du film plus pictural que théâtral, tout en préservant le dynamisme propre au fantastique.  

Claire Le Lann

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