A L’Aube de Ma Nuit

A L’Aube de Ma Nuit 

L’obscurité du monde et de la salle de cinéma se confondent, on est en 2021 et la toile blanche s’illumine, on y projette Ma Nuit, premier film d’Antoinette Boulat. 

Marion, Lou Lampros, déambule sur le fil de sa vie dans les rues d’un Paris âpre, froid et déserté. Alex, Tom Mercier, jeune homme dont l’attitude se pose en contraste avec cette âpreté, lui propose de franchir la nuit à ses côtés. 

Si chacune de ces première, seconde et troisième vagues nous ont emportés au large et nous ont submergés – la jeunesse notamment, dont il est ici question – la poésie de ce premier film nous donne comme une impulsion pour remonter à la surface. Cette poésie est d’une force digne d’un mouvement new wave. Noyade devient bain de minuit. Se jeter dans la Seine sans se donner la mort, c’est ne plus avoir peur, c’est la liberté. 

La chaleur, la lumière, l’aube de Ma Nuit, c’est le sourire de Lou Lampros, la douce voix de Tom Mercier, la justesse de deux voix, aussi envoûtantes que celles d’Emmanuelle Riva et d’Eiji Okada, c’est deux voix qui jamais ne se superposent, qui s’écoutent toujours, c’est la rencontre. Sommes-nous encore capables de vouloir du bien aux inconnus ? « Ti voglio bene », aimer, en italien, c’est vouloir du bien… 

Ce film nous veut du bien, la façon dont Antoinette Boulat capte les rayons du soleil, la chaleur que l’on peut trouver lorsque deux âmes s’effleurent, peut redonner espoir à nos corps en deuil de nos rêves, et, qui sait, inspirer cet élan nouveau dont le cinéma a tellement besoin. 

Lila CLEMENT 

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